Peu de publicité, étonnamment, autour de la publication du dernier rapport du Ministère de l’Ecologie sur les agrocarburants. Si Alternatives Economiques n’avait pas rédigé un article dans son numéro de mars 2009, ce rapport serait passé inaperçu dans la presse…

Selon Alternatives Economiques :

Pour la première fois en France, un rapport officiel critique le soutien aux agrocarburants et pointe leurs effets pervers.

Le rapport a mobilisé toute l’expertise scientifique disponible pour évaluer l’intérêt et les risques liés aux agrocarburants. Ses conclusions invitent à une grande prudence et soulignent que les objectifs politiques ont été fixés sans évaluation scientifique sérieuse des impacts induits :

Le présent rapport montre que l’objectif de 10% d'incorporation d'agrocarburants n’est pas réalisable sans la mobilisation de nouvelles terres. Si l’on considère la moyenne de réduction des émissions de GES des agrocarburants, qui est de 65% d’après l’étude ADEME/DIREM, on note que cet objectif maximal atteignable de 10% d’incorporation conduit à un gain net maximal en GES de 6,5%. Nous sommes donc, en toute hypothèse extrêmement loin de l'objectif de réduction des émissions de CO2.

Une promotion irraisonnée des agrocarburants en tant que solution aux problèmes du changement climatique serait donc potentiellement source de confusion dans la population en lui laissant espérer un maintien du développement de la mobilité via le transport automobile individuel.

Les agrocarburants ont été accusés d'être à la source des perturbations récentes des marchés agricoles. Il es t fort probable qu'ils ne portent pas seuls cette responsabilité, une analyse fine montrant que la situation est très différente selon les filières de production. Il reste que l'impact pourrait augmenter avec l'intensification de l'usage des agrocarburants. Les risques de conséquences indirectes, par exemple sur le coût des terres agricoles dans les pays du sud, doivent être considérés avec sérieux.