Histoire d’une chronique annoncée. La brève de l'AFP, relayée par le journal Romandie News, se fait l’écho du désespoir de plusieurs milliers de paysans éthiopiens, qui ont abandonné leurs cultures alimentaires pour du ricin, destiné à la production d’agrodiesel :

Le gouvernement (…) a alloué 400.000 hectares à des compagnies étrangères dans le cadre d'une stratégie nationale de développement des biocarburants lancée en 2007.
(…) Dans la région de Wolaytta, qui sort de huit mois de sécheresse et où la moitié des deux millions d'habitants souffrent de pénuries alimentaires, ce sont les terres arables - auparavant plantées de maïs, de manioc ou de patate douce - qui sont utilisées pour les biocarburants.

L’Ethiopie connaît des difficultés chroniques à nourrir sa population et a été frappé de plein fouet par la crise alimentaire au printemps dernier. Entre avril et juin 2008, le coût du teff, la céréale nationale qui est l’ingrédient de base de la galette de pain, a doublé, précipitant des milliers de personnes dans la faim. C’est avant tout d'un soutien à sa politique agricole dont le pays a besoin, pour permettre aux paysans de se nourrir et d'alimenter les villes.

"Des experts sont venus nous présenter le projet disant que nous aurions trois récoltes par an (de ricin), qu'ils nous paieraient 500 birr rien que pour le travail", explique Borja Abusha, 45 ans et père de huit enfants. "Après six mois, nous n'avons toujours pas de récolte et ils n'ont pas respecté leurs promesses de couvrir les coûts. On reste sans rien et affamés", ajoute-t-il.

No comment.