Les agrocarburants, �a nourrit pas son monde - PAGE_NOM

vendredi 17 octobre 2008

Ford : les agrocarburants, "nous tenons bons"!

Interviewé par Usine nouvelle sur la politique de promotion des véhicules flex-fuel, John Fleming, PDG de Ford Europe explique :

« Nous continuerons nos développements sur les biocarburants. (…) La politique de l'Union Européenne devrait aussi évoluer avec les biocarburants de deuxième génération qui ont le mérite de clore le débat « fuel or food ». (…) Nous tenons bons en attendant la prochaine génération de bio-carburants. »

La deuxième génération, qui devrait utiliser l’ensemble de la plante, et non uniquement les parties alimentaires, voire des plantes non alimentaires comme le bois ou les algues, ne sera pas disponible avant une à plusieurs dizaines d’années. Que fait-on en attendant ? « On tient bon » ! Et les populations du Sud touchées de plein fouet par la crise alimentaire, expropriées de leurs terres pour faire place aux plantations à vocation exportatrices ?

Et une nouvelle fois la deuxième génération est présentée comme étant une solution miracle ? Pourtant, une usine expérimentale au Japon fait de l’éthanol à partir de bois : il lui faut 43 kg de bois pour faire 1 kg d’éthanol. Imaginez les forêts nécessaires pour faire rouler nos véhicules ! Ces cultures entreront toujours en concurrence avec les terres, l’eau, les intrants… Mieux vaut dès aujourd’hui se diriger vers un autre modèle.

Paysans camerounais face aux planteurs de canne

Un très bon article de la presse camerounaise relate le combat des paysans camerounais face aux investisseurs étrangers qui achètent des terres agricoles pour produire de l’agrocarburant.

« A Mbambou, les riverains ont protesté, il y a quelques mois, contre l’occupation de 7 500 ha de terres que l’État a rétrocédées à la Socapalm pour étendre ses palmeraies. Ils estiment que ces terres leur appartiennent et qu’ils ont donc le droit de les cultiver. Mais faute de disposer de titres fonciers en bonne et due forme, leurs revendications n’aboutissent pas. (…) Mêmes récriminations dans l’arrondissement de Dibombari (25 km à l’ouest de Douala), où se trouvent les plus grandes plantations de la Socapalm. »

Pour la petite histoire, la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) est la filiale d’un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré aux côtés de la famille belge Fabri.

« Un tel projet signifie étendre les surfaces cultivées au détriment des cultures vivrières, argumente Bernard Njonga, président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic). Les manifestations contre la vie chère avaient fait des dizaines de morts au Cameroun et paralysé le pays pendant 5 jours. »

Oxfam France – Agir ici et le CCFD ont déjà mené campagne avec l’ACDIC contre l’exportation de poulets à bas prix par l’Union européenne en 2005, qui détruisait la filière avicole camerounaise : « Exportation de poulets : L’Europe plume l’Afrique »

Si vous désirez en savoir plus, les liens ci-dessous peuvent vous intéresser !

  • Le groupe Bolloré avait déjà été épinglé par Libération en Mars 2008 pour les conditions sociales des travailleurs camerounais dans les plantations de palmier à huile
  • Interview de Jean Ziegler sur la crise alimentaire