Les agrocarburants, �a nourrit pas son monde - PAGE_NOM

mercredi 13 mai 2009

Bruler la biomasse plutot que la transformer en carburant

Brûler la biomasse pour alimenter des batteries de véhicules est plus efficace écologiquement que de la transformer en agrocarburant: c’est ce qui ressort d’une étude menée par trois scientifiques américains, relatée dans un article de Libération daté d’hier.

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mardi 12 mai 2009

Le s terres ghanéennes vendues aux investisseurs

Un article de Ghana Business News relate les récents investissements étrangers réalisés dans le pays pour produire des agrocarburants destinés à l’exportation. La liste est longue et édifiante : plus de 2.5 millions d’hectares de terres sont en passe d’être cultivés ou le sont déjà actuellement.


Le journaliste conclut son article par une réflexion intéressante: pourquoi le Ghana, qui a découvert suffisamment de pétrole pour en faire une utilisation commerciale, ne consacre pas ses terres à la production alimentaire ?

- One of the companies, Agroils of Italy is currently cultivating jatropha on 10,000 hectares of land in Yeji in the Brong Ahafo region of Ghana for biofuels. - Israeli company, Galten has acquired 100,000 hectares of land and an Indian company is requesting for 50,000 hectares of land from the Ghana Investment Promotion Council (GIPC), to cultivate jatropha.

- A company from the Netherlands has started a pilot project on 10 acres in the northern region and the Chinese are also doing a pilot project.

- Gold Star Farms Ltd., is cultivating five million acres of land to plant jatropha for the production of biofuels for export.

- A Norwegian company ScanFuel Ltd., has started operations outside Kumasi in the Ashanti region to produce biofuel. The company aims to start initial cultivation of jatropha seeds on 10,000 hectares of land.

- The company which has a Ghanaian subsidiary, ScanFuel Ghana Ltd., says its Ghanaian unit has contracted about 400,000 hectares of land, with up to 60 percent reserved for biofuel production, “not less” than 30 percent for food production and the remainder for biodiversity buffer zones.

- Another Norwegian company, Biofuels Africa Ltd., the only one among the about 20 biofuels companies cultivating jatropha to receive an Environmental Impact Assessment (EIA) permit from Ghana’s Environmental Protection Agency (EPA) which covers 23,762.45 hectares of its project area is operating in two locations.

- Steinar Kolnes, CEO, Co-founder and director of BioFuel Africa Limited has told ghanabusinessnews.com by email that the company is currently operating in two locations in Ghana. The company has a 300 hectare test farm in Sogakope in the Volta region and a 10,696.32 hectares in Yendi in the Northern region. According to him, the company has planted a total of 660 hectares of jatropha on its projects.

lundi 11 mai 2009

UNE DECISION DE JUSTICE POURRAIT STOPPER LA DEFORESTATION ET LES PLANTATIONS DE PALMIERS A HUILE

Communiqué de presse de Survival international / 11 mai 2009

Une récente décision de la Cour malaisienne pourrait faire jurisprudence en permettant aux tribus indigènes de Bornéo d’empêcher la destruction de leurs terres par les compagnies d’exploitation forestière et de plantations de palmiers à huile.

La Cour fédérale malaisienne a jugé mardi dernier que les peuples indigènes du Sarawak, dans la partie malaisienne de Bornéo, ont non seulement des droits sur les terres qu’ils utilisent pour la chasse et la cueillette mais aussi sur celles qu’ils cultivent. Auparavant le gouvernement du Sarawak ne reconnaissait pas les droits des peuples indigènes sur leurs terres traditionnelles tant qu’ils ne pouvaient pas prouver qu’ils les cultivaient.

Les Penan et les autres tribus du Sarawak tentent désespérément de stopper la destruction par les compagnies d’exploitation forestière et les planteurs de palmiers à huile des forêts dont ils dépendent pour leur survie.

Jusqu’à présent, le gouvernement du Sarawak exigeait des peuples indigènes qu’ils fournissent la preuve d’avoir cultivé leurs terres pendant plusieurs années avant de reconnaître leurs droits. Il était donc impossible aux Penan, qui sont principalement des chasseurs-cueilleurs ne pratiquant que très peu d’agriculture, de protéger leurs terres.

Les autorités du Sarawak ont cédé les terres des Penan à des compagnies d’exploitation forestière et de plantation de palmiers à huile sans les consulter. La destruction de leurs forêts fait fuir le gibier qu’ils chassent, pollue les rivières et tue la faune aquatique, de sorte qu’ils ont de grandes difficultés à se nourrir.

Les tribus du Sarawak ont déposé environ deux cent plaintes concernant leurs droits territoriaux, mais la plupart n’ont pas encore abouti en raison de la lenteur du système judiciaire.

vendredi 1 mai 2009

80 milliards de litres d'éthanol à partir de l'herbe des prairies du Tennessee

Dans les Echos, le 28 avril dernier. Le journal reprend un article du « BusinessWeek » sur les investissements massifs de plus de 200 entreprises, qui travaillent sur des nouvelles générations de biocarburants provenant de l'herbe des prairies du Tennessee ou des algues du littoral de Floride. Selon le quotidien:

Comme toujours, le capital-risque, largement encouragé par le gouvernement fédéral, se lance dans des financements. Déjà plus de 3 milliards de dollars ont été investis.

Mais la réalité risque d'être plus difficile. De très nombreuses usines modèles risquent de n'être que des devantures et non, demain, des unités de production réelle.

Les grands gagnants seront probablement « les entreprises les plus riches et les plus patientes », comme les groupes pétroliers Royal Dutch Shell, BP ou encore des géants comme DuPont, Archer Daniels Midland ou quelques rares start-up qui ont des activités dans d'autres secteurs, notamment dans les laboratoires pharmaceutiques.

vendredi 10 avril 2009

Les Penan menacés par les palmiers à huile

En Malaisie, un peuple de chasseurs-cueilleurs est lui aussi menacé par la culture des agrocarburants. Les Penan vivent dans la forêt tropicale de Bornéo où prolifèrent les plantations de palmiers à huile.

L’association Survival international mène campagne en faveur des Penan et une chargée de campagne, de retour de Bornéo, témoigne de la déforestation : ‘Les parcelles de forêts abattues font place aux plantations de palmiers à huile destinées à la production de biocarburants. L'huile de palme représente un danger encore plus grave pour les Penan que l’exploitation forestière car les plantations ne leur laissent aucun espace pour pratiquer la chasse et la cueillette et leur mode de vie devient impossible.’

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Survival international.

L’éthanol américain augmente le prix des programmes d’aide alimentaire

Selon un rapport de l’Office en charge du Budget du Congrès américain, l’utilisation croissante de maïs pour la production d’éthanol aux Etats-Unis pourrait couter 900 millions de dollars supplémentaire au gouvernement, en renchérissant les programmes d’aide alimentaire et de nutrition mis en place par le pays.

Selon un article de Associated Press (en anglais), le rapport montre que l’éthanol américain serait responsable de 10 à 15% de la hausse des prix alimentaires entre avril 2007 et avril 2008, battant en brèche les affirmations de l’administration américaine, qui jusqu’ici minimisait largement cet impact :

Higher use of the corn-based fuel additive between April 2007 and April 2008 accounted for about 10 percent to 15 percent of the rise in food prices during that time, the nonpartisan Congressional Budget Office said. That translates into higher costs for food programs for the needy.

jeudi 9 avril 2009

Coupeurs de canne au Brésil : l’équivalent d’un marathon par jour

Le Monde Diplomatique consacre une double page dans le numéro du mois d’avril aux conditions de travail des planteurs de canne à sucre au brésil :

Cinq jours de travail pour un jour de repos. Des horaires à rallonge. Un travail payé au rendement : moins de 1 euro par tonne de canne à sucre ! « Dans les années 1980, rappelle M. Aparecido Bispo, secrétaire de la Fédération des employés ruraux salariés de l’Etat de São Paulo (Feraesp), un ouvrier coupait environ 4 tonnes de canne par jour. Aujourd’hui, le rendement moyen est de plus de 10 tonnes, et certains travailleurs atteignent des records de 20 à 25 tonnes quotidiennes. » Un rythme de travail difficilement supportable pour l’organisme humain. Selon une étude de l’université de Piracicaba, il équivaut à courir un marathon par jour.

Ces dernières années, affirment les organisations syndicales, une quinzaine d’entre eux seraient morts d’épuisement.

Des organisations syndicales qui ont beaucoup de mal à peser, face aux intérêts économiques en jeu :

« En juillet 2008, raconte M. Bispo, dans les plantations de l’usine de Três Irmãos, un mouvement de grève a été massivement suivi. La direction a aussitôt licencié trois cents travailleurs, annonçant qu’ils ne seraient pas remplacés ; la police a molesté des grévistes, s’introduisant chez eux et leur intimant de reprendre le travail. »

« Ces entreprises où des capitaux étrangers ont été investis, où le patron en chair et en os disparaît derrière l’actionnaire, se montrent particulièrement hostiles à toute forme de négociation. »

L’industrie brésilienne de la canne à sucre connaît en effet actuellement un déluge d’investissements – entre 2008 et 2012, des investissements de 33 milliards de dollars US au total sont attendus, et durant cette période, le pourcentage d’usines contrôlées par des sociétés étrangères devrait quasiment doubler. Selon les prévisions, la surface de canne à sucre cultivée, actuellement de 7,8 millions d’hectares, augmentera jusqu’à atteindre environ 14 millions d’ici 2020, période durant laquelle la production doublera, de 487 millions à un milliard de tonnes :

Des fonds d’investissements de plusieurs millions de dollars ont également été placés sur les marchés boursiers étrangers, avec comme objectif spécifique d’investir dans l’éthanol brésilien. D’autres entreprises françaises sont présentes : Tereos (propriétaire de Béghin-Say), dont la filiale brésilienne Guarani est le troisième transformateur de canne à sucre du pays ; la société française Sucres et denrées (Sucden) ; et surtout Louis Dreyfus, géant de l’agroalimentaire devenu le deuxième transformateur de canne à sucre du Brésil après avoir racheté quatre usines en 2007.

Gourmande en terres, en eau, en pesticides et en engrais, la canne à sucre est par ailleurs brulée avant la coupe, provoquant des catastrophes sanitaires et environnementales :

Chaque jour, dans le seul Etat de São Paulo, affirme M. José Eduardo Cançado, chercheur à l’université de São Paulo (USP), 285 tonnes de particules toxiques et 3 342 tonnes de monoxyde de carbone sont dispersées dans l’atmosphère.

Il existe d’autres projets qui touchent à l’Amazonie — notamment dans l’Etat du Pará — et au Nordeste. » Dans cette dernière région, un projet gouvernemental de détournement de la rivière San Francisco se heurte à une forte opposition de la population. « Sa finalité première, affirme Umbelino, est d’irriguer des terres destinées, entre autres, à la production de canne à sucre. »

D’après les chiffres annoncés le 28 novembre 2008 par l’Institut national brésilien de recherche spatiale (INPE), 11 968 kilomètres carrés de forêt amazonienne ont été détruits entre août 2007 et juillet 2008, soit une hausse de 3,8 % par rapport à l’année précédente.

Quant à savoir si l’expansion de la canne se fait au détriment de la production alimentaire :

« Entre 1990 et 2006, dans l’Etat de São Paulo, les surfaces plantées en canne à sucre ont augmenté de plus de 2,7 millions d’hectares. Dans le même temps, les terres consacrées au haricot et au riz perdaient respectivement 261 000 et 340 000 hectares, soit un manque à produire de 400 000 tonnes de haricots et de 1 million de tonnes de riz (respectivement 12 % et 9 % de la production nationale).

mercredi 8 avril 2009

Documentaire: Le mensonge vert

Mardi 7 avril, sur Arte, un documentaire consacré au agrocarburants, ou "Comment la production de biocarburants contribue à réduire les surfaces consacrées aux cultures vivrières."

A regarder cette semaine sur le site d'Arte en suivant le lien : http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2535714,scheduleId=2511024.html

mercredi 1 avril 2009

E10 : personne n’est dupe !

Moins de bruit que prévu, pour le lancement de l’E10 en France ce mercredi 1er avril, en pleine semaine du développement durable… et plus grand monde à part le Ministère de l’Ecologie pour en vanter les mérite ! Petite revue de presse des articles parus aujourd’hui :

Coté environnemental ? De nombreux media et blogs révèle l’arnaque, dénoncée depuis longtemps par les organisations écologistes. C’est le cas de Verdura.fr par exemple qui titre : Carburant E10 : un non-sens écologique et économique ?:

L'éthanol, fabriqué à partir d'alcool de betteraves ou de céréales est censé lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Il consomme en réalité de grande quantité de terre agricoles, engendrant la déforestation, utilise des doses massives d'engrais chimiques et de pesticides liés à l'agriculture intensive, sans compter l'eau et l'énergie consommée ainsi que le transport nécessaire à son acheminement

Même constat sur europe1.fr : Le "biocarburant E10" serait une "arnaque":

la production d’éthanol, gourmande en énergie, en eau, en engrais et en pesticides, n’est pas "verte" du tout.

Par ailleurs, easybourse.com rappelle que ce carburant n’est compatible qu’avec les voitures récentes, alors même que les ¾ des nouvelles immatriculations sont… du diesel.

Du fait cette plus forte teneur en éthanol, l'E10 peut avoir un effet corrosif sur certains moteurs inadaptés. Le nouveau biocarburant n'est ainsi compatible qu'avec 60% des véhicules essence, essentiellement les automobiles immatriculées après 2000 (soit 9 millions de voitures en France).

Coté économique ? La non plus, personne n’est dupe : si le carburant est un peu moins cher à la pompe, il permet de réaliser un nombre inférieur de kilomètres… Actualité-news-environnement.com citant le porte-parole de France Nature Environnement

« L’ E10 coûtera sans doute le même prix que le SP 95 actuel mais il en faudra davantage pour rouler autant… En réalité, l’E 10 est une offre inutile à une demande inexistante, le tout pour un résultat négatif ».

Des propos précisés dans easybourse.com : indirectement, c’est bien le contribuable qui paye :

Grâce à des incitations fiscales, le nouveau carburant devrait coûter de 1 à 3 centimes de moins que le SP 95 (ce dernier valait 1,16 euro en moyenne la semaine dernière). Mais il brûlera plus vite. En théorie, une voiture roulant à l'E10 consommera aussi 1,7% de plus qu'avec du SP 95 classique.

Coté alimentaire ? Les impacts des agrocarburants sur la sécurité alimentaire des populations des pays du Sud, dénoncés par la campagne « Les agrocarburants ça nourrit pas son monde », sont relayés aujourd’hui dans plusieurs articles, notamment celui de verdura.fr, citant France nature environnement :

Utiliser des plantes alimentaires pour remplir l’estomac des voitures, plutôt que celui des Hommes ne permet pas de répondre aux dérives de l’agriculture intensive et à la faim dans le monde… » « un plein de 4x4, c’est 250 kg de céréales, soit la ration d’un homme pendant un an ».

Et de conclure :

Un site internet dédié à au SP95-E10 fournit la liste les véhicules compatibles : il ne fonctionne pas pour le moment. Les agrocarburants vis-à-vis de l'environnement et de la faim dans le monde, non plus.

mardi 31 mars 2009

2009 : Moins de céréales, plus d’agrocarb !

Dans son dernier rapport de la FAO intitulé « Perspective de récoltes et situation alimentaire » , l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture annonce une baisse de la production céréalière mondiale en 2009 par rapport aux niveaux records atteints en 2008… mais une augmentation des volumes consacrés à la production d’agrocarburants… Elle écrit ainsi, sur son site internet :

Selon les dernières prévisions de la FAO pour l’année commerciale 2008/09 (juillet/juin), le volume de céréales utilisées pour la production de biocarburants serait de 104 millions de tonnes, soit +22% par rapport à 2007/08, soit encore 4,6% de la production céréalière mondiale. Aux Etats-Unis, le volume de céréales utilisées pour la production de biocarburants devrait atteindre environ 93 millions de tonnes (dont 91 millions de tonnes de maïs), soit +19% par rapport à 2007/08.

lundi 30 mars 2009

Achat de terres: la liste s'allonge

Les informations sur les achats de terres dans les pays du Sud, pour produire des agrocarburants, continuent de filtrer. L’expansion.com, dans un article daté d’aujourd’hui et intitulé « Manger ou conduire : il faudra choisir », en liste un certain nombre. Le constat est édifiant :

- Au Mozambique, la surface totale des terres visées par les investisseurs dépasserait le double des terres cultivées aujourd'hui dans le pays !

- En Tanzanie, les transactions se multiplient. Par exemple, le Britannique Cams a investi entre $450 et $600 millions pour 45 000 hectares.

- dans le sud du Soudan, l’Américain Jarch a acquis des droits sur 400 000 hectares de terres fertiles.

- A Madagascar, Daewoo souhaite également mettre la main sur 120 000 hectares supplémentaires pour cultiver de l’huile de palme destinée à la fabrication de biodiesel. Les pourparlers avec Daewoo seraient aujourd'hui gelés.

- l’Arabie Saoudite investit en Ethiopie, au Pakistan et en Indonésie. 240 compagnies saoudiennes auraient obtenu des licences en Ethiopie et compteraient y investir $2,5 milliards.

- En Indonésie, l’Arabie Saoudite a investi dans un périmètre de 1,6 million d’hectares, dont une partie est destinée aux agrocarburants.

- Aux Philippines, la compagnie espagnole Bionor Transformacion va investir $200 millions sur plus de 100 000 hectares de terres pour cultiver du jatropha destiné à fabriquer du biodiesel. Dans ce même pays, Sarangani Biocarburants, un consortium emmené par des Japonais, prévoit de cultiver 50 000 hectares de jatropha.

- En outre, le Qatar et le Koweït investissent au Cambodge, l’Inde au Brésil, au Paraguay et en Uruguay.

Bien sur, il ne s'agit que de la partie émergée de l'iceberg, aucune entreprise ou Etat ayant intérêt à faire de la publicité autour de ces investissements par les temps qui courent...

samedi 28 mars 2009

Lancement de l'E10 pour lutter contre le changement climatique... poisson d'avril?

Ce ne sera malheureusement pas un poisson d’avril : l’E10, nouveau carburant incorporant 10% d’éthanol dans l’essence, sera lancé le 1er avril dans les stations essences françaises, remplaçant petit à petit les pompes Super sans plomb 95, relate un article de l’Express aujourd’hui.

Devançant les ambitions européennes en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, la France prévoit d'incorporer 7% de biocarburants dans les carburants fossiles d'ici 2010 contre 5,75% visés par les autorités communautaires. Pour 2009, l'objectif est de 6,25% d'incorporation.

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lundi 23 mars 2009

Il n’y a pas de remède miracle

Le jatropha a fait beaucoup parlé de lui en 2008, notamment après la hausse brutale des prix des produits alimentaires, qui s’explique entre autre par le développement agrocarburants. Remède miracle, qui n’entrerait pas en concurrence avec l’alimentation ? Plante non-comestible poussant sur des terres arides ? Le constat d’ABC Burkina est tout autre :

Bien que la plante pousse bien sur les sols arides, il semblerait que son rendement chute si l'apport en eau et la qualité du sol sont insuffisants. Ce qui crée une pression sur le mode de culture, car viser un rendement optimal nécessite de planter sur un sol fertile et d'irriguer régulièrement...

Finalement, le jatropha ressemble beaucoup à une vache laitière. Si vous voulez que votre vache soit en bonne santé et vous donne beaucoup de lait, il faut lui donner une nourriture saine et abondante. Si vous voulez que votre jatropha se développe vite et bien et vous donne beaucoup de graines (et donc beaucoup d'huile) plantez-le dans une bonne terre humide. Arrêtons donc de dire que le jatropha n'entre pas en concurrence avec les cultures de produits alimentaires.

Ce n’est pas tant la plante ni la technologie qu’il faut questionner, mais le type de culture : partout où les cultures prennent la place des cultures alimentaires existantes ou potentielles, qu’elles s’étendent sur des surfaces importantes et ne sont pas dirigées vers un usage agricole immédiat (pour alimenter les moteurs des moulins, outillages agricoles ou tracteurs) elles entrent de fait en concurrence avec les cultures alimentaires.

mercredi 18 mars 2009

Shell : 100% agrocarb !

La compagnie pétrolière Shell, présente dans 110 pays et réalisant un chiffre d’affaires annuel de 179 milliards de dollars, abandonne les énergies renouvelables telles que l’éolien, le solaire ou l’hydro-électrique au profit des agrocarburants. C’est ce que relate un article du Gardian (en anglais) suite à l’annonce des dirigeants de Shell hier.

La raison, seuls les agrocarburants ont un avenir en terme de rentabilité :

The company said that many alternative technologies did not offer attractive investment opportunities. Linda Cook, Shell's executive director of gas and power, said: "If there aren't investment opportunities which compete with other projects we won't put money into it. We are businessmen and women. If there were renewables (which made money) we would put money into it."

C’est bien pour contraindre les entreprises à ce conformer à des exigences sociales et environnementales que les politiques existent… et c’est l’inverse que l’Union européenne favorise en augmentant considérablement les taux d’incorporation obligatoires d’agrocarburants dans les pays européens. Tout cela au nom du changement climatique…

lundi 9 mars 2009

Mozambique: les agrocarburants ne craignent pas la crise...

Le Ministre de l'énergie du Mozambique, Salvador Namburete, fier de constater que le secteur des agrocarburants n'est pas touché par la crise économique mondiale: les investissements prévus dans sont pays sont en effet en bonne voie de réalisation.

Dans un article du media en ligne guetali sadc (en anglais), le Ministre annonce que le Mozambique a reçu des demandes d'investissements sur plus de 5 millions d'hectares, pour la production d'agrocarburants à partir noix de coco, de tournesol ou de Jatropha...

En 2007, le gouvernement avait déjà accepté un projet de l'entreprise britannique African Mining and Exploration Compagny, d'un montant de 510 millions de dollars pour produire de l'éthanol à partir de canne à sucre dans la province de Gaza.

Grâce au marché européen, créé de toute pièce par la décision des Chefs d'États et de gouvernement de l'UE en décembre, de porter à 10% le taux d'incorporation d'agrocarburants dans les carburants traditionnels, l'agriculture d'exportation a de beaux jours devant elle en Afrique...

Les petits paysans, regroupés au sein de la Fédération des Paysans du Mozambique, qui exhortent depuis des années le gouvernement à forger des politiques économiques et agricoles solides qui valorisent la production locale et régionale attendent toujours.