Un groupe de travail sur l’huile de palme comme biocarburant

Parmi les préoccupations environnementales de l’époque, la consommation d’huile de palme est considérée comme l’un des principaux moteurs de la déforestation (1). A cet égard, la semaine dernière a été marquée par un certain désordre au sein de l’Assemblée nationale : vendredi 15 novembre, les députés sont subitement revenus sur la décision prise la veille concernant le report à 2026 du retrait de l’huile de palme de la liste des hydrocarbures.

L’imbroglio de l’Assemblée nationale

En novembre 2018, l’Assemblée nationale avait voté un amendement visant à exclure l’huile de palme de la catégorie des biocarburants dès 2020. Cette décision mettait fin à l’avantage fiscal lié à cette huile, supprimant la réduction de la Taxe générale sur les activités polluantes dont bénéficiait Total (2). Mais jeudi dernier, les députés ont voté un nouvel amendement censé reporter ces effets à 2026. Face à la colère des écologistes, qui beaucoup dénoncent le lobbying du groupe pétrolier, Edouard Philippe a demandé un nouveau vote « constatant l’absence d’un débat suffisant pour un sujet aussi important » (3). Le lendemain au soir, l’Assemblée nationale a finalement annulé l’amendement litigieux à la grande majorité et ce, contre l’avis du gouvernement.

La position conciliante du gouvernement

Suite à cet épisode, le gouvernement souhaite désormais mettre en place un groupe de travail avec Total, afin de mieux étudier les liens entre l’huile de palme et la déforestation. Plus précisément, il s’agit d’essayer de prouver qu’il est possible de se fournir en huile de palme sans pour autant avoir de répercussion sur la forêt. Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition Écologique et Solidaire, a en effet déclaré sur CNews qu’il fallait « regarder avec [le géant pétrolier] s’il était possible d’acheter de l’huile de palme qui ne déforeste pas » par le biais des certifications (4). Si l’efficacité de ces labels ne fait pas l’unanimité chez les ONG, notamment Greenpeace (5), reste à voir comment le débat va s’articuler de manière à concilier les différents intérêts en jeu.

(1) https://www.geo.fr/environnement/huile-de-palme-ses-veritables-consequences-sur-lenvironnement-193387

(2) https://reporterre.net/L-Assemblee-nationale-met-fin-a-l-avantage-fiscal-pour-l-huile-de-palme-dans

(3) http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/biocarburants-lassemblee-nationale-fait-marche-arriere-1,10,3755005829.html

(4) https://www.cnews.fr/videos/france/2019-11-18/emmanuelle-wargon-la-france-sest-engagee-lutter-contre-la-deforestation

(5) https://www.greenpeace.fr/huile-de-palme-vous-avez-dit-durable/

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