lundi 3 novembre 2008
Bruxelles cède une fois de plus aux lobbies automobiles
Par Jean-Denis Crola, Oxfam France Agir ici,
lundi 3 novembre 2008
Catégorie : Lecture de l'actu
Mots-clés : Oxfam France - Agir ici
Vu aujourd’hui sur ''Libération.fr'' un encart qui aurait mérité d’être davantage mis en valeur (« L’auto plus propre retardée par la dépression économique », p19 de la version papier) :
Les gouvernements européens se sont entendus pour accorder un délai de trois ans aux constructeurs automobiles pour réduire les émissions de CO2. Ce nouveau compromis, qui doit encore être discuté avec le Parlement européen, repousse à 2015 au lieu de 2012 l’obligation pour les constructeurs de limiter à 130 grammes de CO2 par kilomètre l’ensemble des véhicules neufs. Ce nouveau revirement intervient après la décision de ramener en moyenne à 130 grammes au lieu des 120 grammes prévues par la Commission européenne… à 2012.
Les pressions de l’industrie automobile européenne, en particulier les fabricants français et allemands, pour retarder puis affaiblir les normes d’efficacité du parc de véhicules, ont donc atteint leurs objectifs. Cette même industrie s’est dans le même temps employée à promouvoir joyeusement les agrocarburants : elle était par exemple le secteur le mieux représenté au Conseil consultatif de recherche sur les agrocarburants de la Commission, qui visait à incorporer jusqu’à 25 % d’agrocarburants en 2030 dans les carburants fossiles.
Pourtant, l’amélioration du rendement des véhicules constitue l’une des voies les plus prometteuses de réduction des émissions de gaz à effet de serre : des objectifs contraignants d’efficacité du parc automobile européen de 120 g/km d’ici 2012 et de 80 g/km d’ici 2020 fourniraient une réduction annuelle des émissions liées au secteur des transports dans l’UE de 95 millions de tonnes de CO2 d’ici 2020 – considérablement plus que les 68 millions de tonnes que la Commission pense économiser d’ici là grâce à l’objectif de 10 % d’agrocarburants (sans prendre en compte le changement d’affectation des sols, qui dégrade considérablement les estimations de l’UE).
Il manque pour cela la volonté politique.

