Pour faire face aux critiques de plus en plus vives émises sur les agrocarburants, le lobby agro-industriel se tourne vers la 2ème génération d’agrocarburants à laquelle on prête toutes les vertus comme en témoigne un article paru récemment sur le site de Le Monde.
Ainsi, Juan Wu, de la société de conseil en biotechnologies Alcimed, prédit :
« La production à grande échelle de biodiesel à partir d'algues arrivera beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine (avec) une commercialisation possible d'ici trois à six ans, avec un prix compétitif par rapport au diesel issu du pétrole. »
Cependant, même si la production d'huile par des cultures d'algues paraît prometteuse par rapport aux générations actuelles, elle ne répond en rien au véritable problème qui se pose au secteur des transports, à savoir la croissance constante de la consommation de carburants (1,5% par an en moyenne en Europe). En attendant, ces filières détournent les décideurs politiques et l’opinion publique de l’impérieuse et urgente nécessité de reconsidérer nos modes de consommation.
Par ailleurs, Olivier Bernard, responsable du programme de recherche français sur le biocarburant algal de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) est plus mesuré :
« Sur le papier, le potentiel des microalgues est énorme et justifie qu'on y consacre de gros moyens. Mais nous en sommes encore au stade du laboratoire, tempère-t-il. Une production à grande échelle n'est pas imaginable avant au moins cinq ans, plus vraisemblablement dix. »
Selon les chercheurs impliqués sur ce projet, un certain nombre de « sauts technologiques » sont nécessaires avant la commercialisation de carburants à partir d’algues, la principale difficulté suscitée par ce type de cultures étant de parvenir à extraire, de façon rentable, un peu d’huile d’un grand volume d’eau.
En attendant, ces générations améliorées continuent de servir d’alibi au développement des filières de première génération, peu performantes, et qui soustraient des moyens pouvant être beaucoup plus efficacement utilisés pour la réduction des émissions de GES ?