Les agrocarburants : c’est quoi ?

Les agrocarburants, c’est quoi?

  • L’agroéthanol est obtenu à partir de la fermentation de matières riches en sucre (betterave et canne à sucre) ou en amidon (maïs et blé). Il est surtout produit en Amérique du Sud et aux Etats-Unis. La France en produit à partir de betterave et de blé.
  • L’agrodiesel est obtenu à partir d’huiles de palme, colza, jatropha, tournesol, soja, ricin et arachide. Il est surtout produit en Europe et en Asie, l’Afrique étant en pleine croissance. En France, 65% de l’huile de colza va aux agrocarburants.

Comment réduire notre dépendance au pétrole, tout en limitant l’émission de gaz à effet de serre ? « Les agrocarburants, bien sûr ! » répond la Commission européenne. Problème : de la culture des végétaux jusqu’à la sortie de l’usine, l’énergie utilisée pour produire ces carburants prétendument écologiques est telle que leur rendement énergétique est très médiocre.

L’énergie contenue dans un litre d’agroéthanol produit en Europe dépasse à peine celle qu’il a fallu brûler pour la produire.

Qui dit bilan énergétique limité, dit aussi réduction minime des émissions de gaz à effet de serre (moins de 1,5%). Il est même probable que les agrocarburants aggravent le changement climatique, à cause notamment du changement d’affectation des sols, et de la déforestation qu’ils entraînent. Sans parler des menaces que les monocultures font peser sur la biodiversité, la consommation d’eau ou les risques génétiques via l’utilisation d’OGM.

« La croissances des monocultures liées aux agrocarburants occasionne la destruction de la biomasse au Brésil. Le déplacement des zones d’élevage vers de nouvelles frontières agricoles est le principal facteur de destruction de la forêt amazonienne »
FASE / partenaire brésilien de la campagne


Côté environnement, les agrocarburants ne sont donc que de la poudre aux yeux.
Quid alors de la réduction de la dépendance énergétique de l’Europe ?

Si la totalité de la production mondiale des cultures contenant de l’amidon et du sucre (blé, betterave, maïs, canne à sucre…) était convertie en agro-éthanol, elle ne parviendrait à répondre qu’à 40 % de la consommation mondiale actuelle de carburants ! Non seulement cela aurait des impacts majeurs sur l’alimentation, mais il faudrait de toute façon faire appel à d’autres sources complémentaires d’énergie. Autant dire que du point de vue de la sécurité des approvisionnements, les agrocarburants sont loin de tenir leurs promesses. Sans parler du coût de ces productions inefficaces : l’objectif européen pour 2020 finira par coûter plus de 22 milliards d’euros par an aux contribuables des pays de l’Union.

L’Union européenne n’a pas suffisamment de terres pour atteindre ses objectifs sans impact sérieux sur notre production alimentaire.
Elle reconnaît qu’elle devra importer des pays producteurs du Sud. Cette politique, irresponsable, génère de graves problèmes environnementaux, mais également sociaux…


« Bio » et « agro » carburants : la guerre des mots

Promoteurs et opposants de ce type d’énergie sont en désaccord sur le vocabulaire à employer : nous préférons le préfixe « agro », pour souligner que la matière première est constituée de produits agricoles, et éviter toute confusion avec l’agriculture biologique, dite « bio ». Gouvernements et entreprises reprennent le terme « biocarburants » pour berner le consommateur sur une prétendue dimension écologique de cette alternative aux carburants fossiles.

Les agrocarburants : une solution miracle ? Bien au contraire…

Nos partenaires du Sud s’alarment des impacts catastrophiques d’un développement à grande échelle des agrocarburants, et ce à tous les niveaux : environnemental, social et alimentaire.

Les scientifiques émettent des doutes sérieux sur leurs avantages écologiques, en particulier sur leur contribution à réduire les émissions de gaz à effets de serre. Issus de monocultures intensives, les agrocarburants accélèrent notamment la déforestation :en Indonésie, l’équivalent en forêt d’un terrain de football disparaît toutes les 10 secondes pour faire place aux plantations de palmiers à huile.

Ce n’est malheureusement que la partie visible de l’iceberg.

Crise alimentaire

Les agrocarburants menacent aujourd’hui les populations locales et les cultures vivrières, en accaparant la terre et les ressources naturelles. Alors que des centaines de millions de personnes sur notre planète souffrent d’extrême pauvreté et de faim, poursuivre le développement massif des agrocarburants ne fait qu’aggraver la crise alimentaire mondiale.
Pourtant, pour les populations rurales des pays du Sud, la production d’agrocarburants destinée à la consommation locale peut représenter une opportunité d’accéder à l’énergie. Produits à petite échelle et bien utilisés, ils pourraient renforcer une agriculture de proximité, source de revenus. Mais ce n’est pas ce type de culture qui est mis en avant par l’Europe !

Surconsommation

Loin de favoriser un modèle de développement moins consommateur d’énergie, les agrocarburants entretiennent la surconsommation dans le secteur des transports.

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